La naissance de la Route de la Soie
En 138 av. J.-c., un général chinois, Tchang K'ien, quitta la cour impériale de Chang'an, chargé de la mission d'acheter des chevaux. Depuis des siècles, les nomades Hiong-nou de la steppe mongole infestaient la frontière nord de la Chine impériale. L'empereur han Wou Ti, prévoyant, avait alors formé le projet de les refouler en faisant l'acquisition de chevaux qui, selon la légende, couraient si vite qu'ils suaient du sang. Lorsque Tchang K'ien arriva dans la plaine du Ferghana, il apprit que les « chevaux célestes» perdaient du sang à cause d'un parasite de la peau, et non de la violence de leurs efforts. Mais il apprit aussi que les marchands sogdiens payaient la soie à bon prix.
Alors que les Chinois produisaient de la soie depuis plus de 2000 ans, son exportation avait toujours été interdite. Mais à la nouvelle de ce marché prometteur, Wou Ti leva le ban. La Route de la soie vit le jour - une route dont les Hiong-nou menaçaient encore une bonne partie. En 52 av. J.-c., les Chinois finirent par les maîtriser grâce à un traité qui laissait seulement les terres situées entre Kashgar et la Parthie hors de leur empire stable. Ce vide fut comblé un siècle plus tard par les Kouchans, dont l'empire montagneux, gouverné depuis Taxila et Peshawar dans l'actuel Pakistan, dura 150 ans.
Les caravanes pouvaient enfin évoluer sans encombre de la Porte de jade à la Rome impériale. Vers l'ouest partaient la soie, les épices, le jade, les armes, les miroirs et les bois laqués. De Rome venaient le verre, le corail, les textiles, les poteries, les pièces d'or et d'argent. Les cargaisons s'acheminaient durant des mois sinon des années, changeant de mains une fois au moins en cours de route.
La Route de la soie n'était pas une seule voie, mais un vaste réseau assurant tous les échanges entre les limites européennes et chinoises de l'Asie. Ses principales branches bordaient au nord et au sud le bassin du Tarim pour se rejoindre à Dunhuang d'un côté, et à Kashgar de l'autre. A Kashgar, les convois en direction du sud traversaient le Karakoram; pour aller vers l'ouest, le Tian Shan. Arrivées en Sogdiane, les caravanes pouvaient suivre l'Amou Daria et le Syr Daria jusqu'à la Mer d'Aral, continuant au nord de la Caspienne dans la Russie méridionale - mais la plupart restaient au sud, traversaient les déserts de Kizyl-Koum et de Kara-Koum jusqu'en Perse et enrichissaient au passage Samarkand, Boukhara et Merv.
Au début du 3e siècle ap. J.-C, les Romains donnèrent finalement le coup de grâce à leurs rivaux parthes, pour les voir aussitôt remplacés par la Perse, relevée par les Sassanides. Le fondateur de la dynastie, Ardashir (224-41 ap. J.-C), se proclama lui-même l'héritier des Achéménides. Il collecta des taxes, fit revivre le Zoroastrisme, purgea l'aristocratie perse par le biais de son grand prêtre Mazdak, et offrit à Rome une nouvelle menace à l'est, encore plus redoutable.
Alors que les Chinois produisaient de la soie depuis plus de 2000 ans, son exportation avait toujours été interdite. Mais à la nouvelle de ce marché prometteur, Wou Ti leva le ban. La Route de la soie vit le jour - une route dont les Hiong-nou menaçaient encore une bonne partie. En 52 av. J.-c., les Chinois finirent par les maîtriser grâce à un traité qui laissait seulement les terres situées entre Kashgar et la Parthie hors de leur empire stable. Ce vide fut comblé un siècle plus tard par les Kouchans, dont l'empire montagneux, gouverné depuis Taxila et Peshawar dans l'actuel Pakistan, dura 150 ans.
Les caravanes pouvaient enfin évoluer sans encombre de la Porte de jade à la Rome impériale. Vers l'ouest partaient la soie, les épices, le jade, les armes, les miroirs et les bois laqués. De Rome venaient le verre, le corail, les textiles, les poteries, les pièces d'or et d'argent. Les cargaisons s'acheminaient durant des mois sinon des années, changeant de mains une fois au moins en cours de route.
La Route de la soie n'était pas une seule voie, mais un vaste réseau assurant tous les échanges entre les limites européennes et chinoises de l'Asie. Ses principales branches bordaient au nord et au sud le bassin du Tarim pour se rejoindre à Dunhuang d'un côté, et à Kashgar de l'autre. A Kashgar, les convois en direction du sud traversaient le Karakoram; pour aller vers l'ouest, le Tian Shan. Arrivées en Sogdiane, les caravanes pouvaient suivre l'Amou Daria et le Syr Daria jusqu'à la Mer d'Aral, continuant au nord de la Caspienne dans la Russie méridionale - mais la plupart restaient au sud, traversaient les déserts de Kizyl-Koum et de Kara-Koum jusqu'en Perse et enrichissaient au passage Samarkand, Boukhara et Merv.
Au début du 3e siècle ap. J.-C, les Romains donnèrent finalement le coup de grâce à leurs rivaux parthes, pour les voir aussitôt remplacés par la Perse, relevée par les Sassanides. Le fondateur de la dynastie, Ardashir (224-41 ap. J.-C), se proclama lui-même l'héritier des Achéménides. Il collecta des taxes, fit revivre le Zoroastrisme, purgea l'aristocratie perse par le biais de son grand prêtre Mazdak, et offrit à Rome une nouvelle menace à l'est, encore plus redoutable.
Print version
!--------------------/Text--------------------------!>
!--------------------/Text--------------------------!>




